Bon niveau requis, inspiré de Reborn.
 

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 Invaders Must Die

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MessageSujet: Invaders Must Die   Mer 8 Fév - 6:30


Invaders Must Die


Les ténèbres. Je ne pouvais m’empêcher de repenser à cette pièce sombre et froide, lorsque je m’y retrouvais. Chaque nuit que je me voyais forcée de vivre depuis que je l’avais quittée, cette ignoble endroit revenait me hanter, inéluctablement. Et en ces instants, où ces horribles images me revenaient en tête, à tel point que, parfois, je me remettais même à trembler, mes souvenirs me manquaient, vraiment. Savez-vous ce que l’on ressent, lorsque l’on cherche un souvenir agréable à se remémorer pour tenter d’en oublier les mauvais moments, et que tout ce que l’on peut récolter n’est rien d’autre qu’un immense trou noir, un vide, un horrible gouffre oppressant ?

On a mal, très mal. Cette fois encore, comme à chaque nuit, j’ai souffert à essayer de me souvenir de ce qui, peut-être, était perdu à jamais. L’idée en soi était effrayante. Ignorer qui j’étais par le passé…Ne jamais en avoir connaissance. Comme si ma vie avait débuté ce jour où je me suis réveillée sur ce sol froid. Je ne voulais pas de ça…Personne ne l’aurait voulu. Et à l’idée que ces maudits souvenirs ne reviendraient jamais, l’humidité m’est montée aux yeux. Pourtant on ne pouvait pas dire que j’étais malheureuse. J’étais même très heureuse, depuis que celui qui m’avait acceptée comme sa fille m’avait prise sous son aile. En ce sens…Des souvenirs agréables, oui, j’en avais quelques-uns. Je possédais tous les souvenirs qui m’habitent depuis que je vis avec papa…Mais étrangement dans ce genre de situation, c’était l’inaccessible que je visais. C’est horriblement bête et pourtant je ne pouvais pas m’en empêcher. Si au moins j’avais pu en comprendre la cause…Avais-je un souvenir que je chérissais à ce point, pour chercher à l’atteindre, encore et encore ?

Une main vient se poser sur mon front, et mes canines se resserrent pour empêcher quelconque son de franchir mes lèvres alors qu’une forte douleur au crâne me prend. Comme à chaque fois que j’y pense, comme à chaque fois que je m’interroge sur ce sujet. Et, fatalement cette pièce froide me revient en tête. Je ne veux pas y penser…Ironiquement, tout ce que j’ai vécu dans ce laboratoire jusqu’à l’intervention de papa…Je veux l’oublier. Je veux oublier ce sombre passage de ma vie, et retrouver ce que j’ai pu vivre avant tout ça. Pourquoi ces souvenirs me hantent-ils ? C’est terminé à présent…Tout est terminé. C’est un fait. Pourtant j’ai beau essayer de m’en persuadée…Je n’y arrive pas. J’ai peur, tellement peur que tout recommence encore.

J’ai peur de me retrouver à nouveau dans ce genre de situation…Peur d’oublier papa et le peu que j’ai pu vivre avec lui. Peur tout simplement d’oublier à nouveau…de ne pas pouvoir vivre normalement, jamais. Ce sol froid est bien loin, je ne peux échapper à cette vérité alors que je suis installée dans un confortable lit, sous une épaisse couverture qui me tient bien chaud. Jamais plus je ne connaitrais une solitude si pesante…C’est une promesse de papa. Même en cet instant, il se trouve à mes côtés, dans le même lit et sous la même épaisse couverture. C’est une promesse…Il ne la brisera pas, jamais. J‘ai confiance….

J’ai confiance en toi.

Telles étaient mes plus sincères pensées. Peu à peu j’en délaisse mes interrogations, ainsi que cette futile recherche de souvenir, et mes maux de tête se calment petit à petit. Un sourire, timide mais présent, vient se dessiner sur mes lèvres alors que mes yeux viennent se poser sur son visage endormi. Le sachant épuisé, je ne pouvais simplement pas le réveiller sous prétexte que je ne me sentais pas bien…D’autant que je connaissais une solution toute aussi efficace que ses mots rassurants ; la lumière. Doucement je me suis donc extirpée des draps pour quitter la pièce dans le plus solennel des silences. Persuadée que la lumière de la chambre le tirerait de ce sommeil réparateur dont il avait besoin, je n’avais plus comme solution que celle du couloir. Pourtant, la logique aurait voulu que je sois bien plus en danger dans un couloir éclairé que dans une chambre sombre…Mais j’étais bien trop effrayée par l’obscurité pour avoir quelconque logique.

Non loin de la porte, je me suis adossée au mur, profitant de la lumière artificielle. En faut-il toujours aussi peu, pour apaiser les frayeurs d’une enfant telle que moi ? Ou alors, suis-je la seule à me comporter de façon aussi étrange pour si peu de choses ? Probablement…est-ce quelque chose que je ne saurais jamais. Je soupire, et me laisse glisser le long du mur pour finir sur le sol, les genoux repliés contre moi. Bien vite mes bras croisés viennent se poser dessus, pour offrir un appuie confortable au possible à ma tête. Visage caché dans mes bras, je ferme les yeux un instant. Je me sens bien mieux à présent. Pourtant il y a encore un petit quelque chose qui cloche, au fond de mon être, une sorte de manque, d’immense vide.

Paupières closes, l’image de la mer se matérialise petit à petit en mon être, et je tente alors de m’en remémorer le son avec autant d’exactitude que possible. La mer…Il est surprenant de voir le coté apaisant qu’elle peut avoir sur moi. Je crois pouvoir affirmer que je ne me suis jamais sentie aussi bien que durant ce voyage de l’Italie jusqu’au Japon que nous avons fait par les voies marines. Les vagues qui ondulent, l’odeur qu’elle dégage, la présence de certaines mouettes, parfois…J’ignore pourquoi elle m’attire tant, mais elle le fait, c’est indéniable. L’espace d’un instant, j’ai été persuadée que ce sentiment de manque s’envolerait, si j’y retournais. Je ne m’étais pas sentie étrange à ce point, lorsque nous naviguions, après tout.

Alors, finalement, je me suis relevée, et ai posé un dernier regard sur la porte de la chambre de papa. Il allait sans doute s’inquiéter de ne pas me voir à son réveil…Mais si je rentrais avant que ça ne soit le cas, il n’y aurait aucuns problèmes, n’est-ce pas ? La mer n’était pas si loin de l’hôtel…J’y allais, je restais un petit moment, puis je rentrais avant que le jour ne se lève, comme si rien ne s’était passé, et il n’y aurait aucun problème. Persuadée de ce dernier point, j’ai tourné les talons, et je me suis mise à courir, presque inconsciemment. On aurait presque pu croire que je fuyais quelque chose, c’était pourtant tout l’inverse. Pour une fois, je ressentais l’envie de vouloir retrouver quelque chose. Et depuis que j’avais échappé à ce scientifique Estraneo, je crois que je ne m’étais jamais sentie aussi…vivante.

Alors je me suis mise à courir, aussi vite que possible. A travers les couloirs de l’hôtel, à travers son long hall d’entrée, le long des rues, et finalement le long de la mer, jusqu’à me retrouver enfin devant le bateau de mon père. J’étais essoufflée, épuisée, pourtant je me sentais déjà un peu mieux. Le gout de sang au fond de ma gorge, et cette sensation d’avoir les poumons en feu n’étaient rien comparé au bien être que l’air marin pouvait m’apporter. Reprenant mon souffle petit à petit, je remontais dans le bateau, et clos un instant mes paupières pour profiter d’une brise marine des plus agréables. Ce vide en moi amoindris, je me sentais déjà un peu plus calme, bien qu’il ne se fût pas encore dissipé dans son intégralité. Mais qu’importe, je n’avais pas ce luxe de pouvoir m’en plaindre, de toute façon. C’était mieux que rien.

Mes pas m’ont guidée doucement vers la rambarde contre laquelle je me suis appuyée, et je me suis laissé bercer par l’ondulation des vagues. Comme envoutée, j’ignore combien de temps je me suis laissée aller à cette douce contemplation lorsque le vide qu’il restait malgré ma présence ici a commencé à s’envoler, petit à petit. Dans le fond…Peut-être était-ce la mer, qui l’avait entièrement fait disparaitre, avec le temps ? C’était la solution la plus logique qui me venait en tête. Pourtant, j’étais horriblement loin de la vérité.

Mais je n’ai pas pu m’y attarder davantage qu’autre chose vint attirer mon attention. Dans mon dos résonnaient des bruits…De pas ? Dans l’ignorance totale de l’identité de la personne pouvait être à bord avec moi, prudemment, je me suis retournée pour faire face à l’inconnu…
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MessageSujet: Re: Invaders Must Die   Lun 23 Avr - 9:06

« - Je suis pas sûr de bien te suivre, là, Elliot. Tu serais gentil de me réexpliquer comment tu as réussi à griller ta couverture auprès de DEUX personnes.
- Mais puisque que je t’ai dit que je n’ai rien grillé du tout ! J’ai rattrapé le coup dans les deux cas. Enfin, surtout dans un. Mais la protagoniste du second est une gamine trop abêtie par ses machins technologiques pour se douter de quoi que ce soit, et puis elle est même pas dans la Mafia, donc on s’en fout.
- Je remarque que quand tu me fais tes rapports par téléphone, ça a au moins l’avantage de m’épargner tes expressions faussement innocentes qui se transforment en grimace au vu de ta sale tête de pirate.
- Je suis persuadé que tu ne veux pas entendre tout ce que ma sale tête de pirate a à dire au sujet de tes remarques désobligeantes, mais si tu continues à insister, ça va finir par sortir tout seul.
- Si tu crois que tes malheureuses tentatives pour nous détourner du sujet initial de notre conversation vont marcher, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’aux doigts de pied. Alors, cette Cavallone ?
- Oh, la situation actuelle en ce qui la concerne peut se résumer en deux mots : des baffes.
- Ah. Je compatis… Pour elle, évidemment. Si elle doit subir tes tentatives douteuses de séduction à chaque fois qu’elle a le malheur de te croiser…
- Merci de ta sollicitude. Surtout que je te rappelle que je fais ça pour toi, quand-même. La moindre des choses serait que je te transmette personnellement ces baffes qui, selon toute logique, devraient t’être destinées.
- C’est ça, c’est ça, rêve, pirate de pacotille. Donc tu es sûr qu’elle ne se doute plus de rien.
- Aucun risque, elle me prend pour un dragueur attardé.
- Ce en quoi elle n’a pas tout à fait tort.
- A ce rythme, je sens que ma couverture, tu vas pouvoir aller te la fourrer où je pense.
- Oh, ne sois pas vulgaire, Elly, la vérité est toujours douloureuse à entendre.
- C’est vrai, mais probablement moins que l’uppercut qui me démange, là.
- Moi aussi je t’aime bien, même si ta couleur de cheveux me donne toujours autant envie de gerber.
- Tu es tellement bien placé pour dire ça, Tito, au vu de ton affreuse coloration naturelle « carotte trop cuite ».
- Ha ! Moi, au moins, je ne me suis pas renversé un pot de peinture indélébile sur la tête !
- Moi non plus, figure-toi, je t’ai déjà dit une bonne centaine de fois que c’était mon vieux qui avait commis cet acte malheureux.
- Franchement, comment t’as pu devenir mafieux avec des réflexes pourris au point d’être incapable d’éviter un pot de… Merde, il est déjà si tard ! J’ai mon avion dans deux heures, et il leur faut toujours trois plombes pour les enregistrements. Je te laisse, Elliot, bon courage pour les baffes à venir, je te soutiens psychologiquement.
- C’est ça, bon voyage, Tito, je te souhaite cordialement que ton avion s’écrabouille en cours de route.
- Tais-toi donc, je rêve que ton bus de retour finisse dans un ravin, Cap’tain Turquoise ! »


Ne vous méprenez pas, Tito et moi sommes en d’excellents termes. Je lui ai même pardonné pour le coup foireux du poste de professeur à Namimori College, c’est dire à quel point je l’apprécie. A vrai dire, il faudra plus s’inquiéter au sujet de notre relation le jour où on conversera sans s’insulter mutuellement à longueur de temps.
Mais n’allez pas non plus croire que j’apprécie tous les gens que j’insulte, ce serait surestimer ma sociabilité. Par exemple, l’espèce de blondinet rustre qui se trouve malheureusement faire partie de mes descendants appartient à cette vaste catégorie des gens à l’intention desquels mes élégantes injures viennent du fond du cœur.
En même temps, ce pauvre garçon n’a vraiment rien pour lui, c’est si facile de le critiquer que je ne m’en lasse pas. Entre ses cheveux ternes, le look de pirate qu’il essaye de se donner sans réussir à ressembler à autre chose qu’à un clown à la manque et son manque désolant d’esprit, je ne peux pas le voir sans qu’une petite dizaine de vacheries à lui balancer ne me vienne à l’esprit. Mais le pire, dans tout ça, c’est probablement son navire… Que dis-je, navire ! Une pauvre de coquille de noix sans la moindre once de noblesse, plutôt ! Le genre de truc dont tout pirate qui se respecte ne voudrait pas même si on le payait pour qu’il le prenne !
Oui, c’était pour ça qu’une fois mon entrevue avec Tito terminée, j’étais allé me planter sur le port pour observer cet affreux rafiot, parfaitement ! Il était tellement laid, ça valait le coup d’aller le voir rien que pour se taper un fou rire, quoi…



Pour rien au monde Elliot n’aurait avoué que le rire était resté coincé dans sa gorge tellement la vue du navire de Ash l’avait bouleversé. Évidemment, ce n’était ni un rafiot, ni une coquille de noix, mais bien un des plus beaux et plus majestueux voiliers encore existant au
21ème siècle. Doté d’un indéniable air de ressemblance avec le navire que le pirate avait dirigé pendant un temps. Et pour dire la vérité, Elliot était vert de jalousie et d’envie à chaque fois qu’il le voyait, ce qui ne l’empêchait pas de venir l’admirer dès qu’il en avait l’occasion.
Ce matin, une idée dangereusement tentatrice s’insinua dans ses pensées. Il était tôt. La bateau paraissait désert. De toute façon, Ash roupillait jusqu’à midi, c’était bien connu. Il pouvait donc faire un tour sur le navire en toute discrétion, sans que personne, et surtout pas le blondinet, n’en sache jamais rien.
Il hésita longuement. Enfin, longuement pour lui. C'est-à-dire deux secondes, environ. Un record de longévité de sa part, je vous assure.
Passé ce moment d’incertitude, c’est presque joyeusement qu’il se hissa sur le pont. Un mélange de nostalgie et d’excitation bouillonnait dans son ventre. Les embruns marins, le bruit du vent dans les voiles, le cri des mouettes… En fermant les yeux, il aurait pu se croire de retour au 17ème siècle. Tout à sa jubilation, il mit du temps à remarquer la silhouette menue accoudée à la rambarde, à l’opposé du pont. Aucune chance que ce soit Ash, un autre visiteur clandestin, alors ?

Il s’approcha nonchalamment de ce qui s’avéra en réalité être une gamine. Une gamine avec de drôles de cheveux. Quelque part dans son esprit, une petite voix lui murmurait qu’il connaissait cette chevelure. Sauf qu’elle ne s’associait pas avec cette taille, ni ces… cornes ?
C’est alors que la gamine se retourna. Elliot eut un mouvement de recul sous le coup de la surprise. C’était son visage, et en même temps, ça ne l’était pas. Trop jeune, trop candide. Avec une petite lueur dans le regard en moins.
Ses pensées s’emmêlèrent, il se força à les ordonner un minimum. Ça ne pouvait pas être elle. Une descendante. Oui, c’était ce qu’il y avait de plus logique…
Mais pourquoi une descendante aurait-elle cette couleur de cheveux si particulière ? Cette belle teinte lilas qu’il avait soigneusement choisie avant de la renverser avec jubilation sur la tête de la jeune femme qu’il aimait probablement le plus au monde ?
Une phrase lui revint en mémoire. « Comme ça, tu arrêteras un peu de me reluquer ! ». Une phrase effrontée, sortie de la bouche de la réplique conforme de la gamine qui se tenait là.
Elliot éclata de rire. Évidemment, c’était ça ! Elle avait bien failli l’avoir, avec ses illusions ! Elle allait se payer sa tête, mais ça n’avait aucune importance. C’était bien elle. Il l’avait trouvée, enfin.

« Putain, Lia, tu m’as totalement bluffé ! Entre les cornes et l’apparence juvénile, j’ai eu un sérieux doute avant de réaliser que c’était toi ! Chapeau pour l’illusion ! »


Il sourit de toutes ses dents, s’avança gaiement vers la gamine qui n’en était pas une et tapota affectueusement une corne qui n’existait pas en réalité (pensait-il).

« Qu’est-ce que tu fous là, au fait ? On t’a cherché partout, Tito et moi, et on commençait à flipper un peu… C’est marrant qu’on se retrouve ici, parce que tu sais à qui appartiens ce bateau ? »

Si t’avais été un peu plus sensible, Elliot, t’aurais peut-être senti qu’il y avait un truc qui tournait pas rond au lieu de t’épancher joyeusement…

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MessageSujet: Re: Invaders Must Die   Lun 30 Avr - 5:54

Depuis combien de temps n’avait-il pas eu une réelle nuit de sommeil, qui lui aurait apporté plus que d’incessantes réminiscences désagréables à propos de son passé ? Difficile à dire, et encore plus à quantifier. Le sommeil réparateur, Ash avait abandonné l’idée même d’en avoir depuis un bon moment, maintenant. Pour dire vrai, cela devait coïncider avec l’entrée dans sa vie de cette gamine pleine de mystère, cette enfant dont il ne savait rien mais à qui il donnât tout. Absolument tout. Même un nom. Eve Chase.

Désormais ce patronyme faisait partie intégrante de sa vie et plus encore, de sa famille. Elle, Maxwell et Cliveland étaient ce qu’il possédait de plus cher au monde. Voici pourquoi il déléguait al garde de ses deux fils le plus souvent à son couple d’amis calédonien. Il avait confiance en eux et, puisqu’ils ne pouvaient concevoir d’enfants par leurs propres moyens, le pirate leur permettait de se sentir parent une bonne partie de l’année. Bien entendu, il ne fallait aucunement penser qu’il se débarrassait de ses descendants ainsi, c’aurait été mentir. Car ils lui manquent atrocement, tout les deux. Leurs petites bouilles adorables à souhait et leur air de ressemblance frappant avec leur défunte mère ne faisaient que renforcer l’amour que leur père leur portait.

Evidement, il était empli d’une joie sans limite lorsque dans ses bras il pouvait sentir la chaleur de leurs deux êtres. C’est dans ces moments là que oui, le corsaire peut dire connaître le bonheur. Une variante du sommeil réparateur, si l’on le prend sous cet angle ci.

Sauf que. Cette nuit non plus le blond ne pourra gouter aux effluves agréables délivrés par les doux parfums dont seul Morphée a le secret. Quand bien même il avait décidé de passer la nuit dans un hôtel proche, s’étant dit que peut-être la présence de la mer participait à la ruine de ses nuits de façon si répétitive. Mais non. Rien à faire. Ses deux paupières se redressèrent instinctivement, bien que seule l’une d’entre elles n’avaient a exposé un joyau vert, semblable a une émeraude de grande valeur. Il y avait quelque chose de dérangeant, là, tout de suite. Comme un manque, un vide insondable qui le mettait mal a l’aise. Et il ne lui fallut guère plus de trois minuscules secondes pour comprendre le tout dans les moindres détails. Première seconde, il ramena ses bras vers lui, deuxième seconde, il constata que leur entrave n’enclavait que le néant absolu contre son torse, troisième seconde, la conclusion tomba sans attendre. Eve n’était plus là.

Se redressant vivement sur le matelas, il inspecta minutieusement la petite pièce du regard pour tenter d’y déceler un mouvement ou n’importe quoi d’autre qui lui aurait permit de se rassurer au sujet de sa fille. Mais non, sa silhouette ne se devinait nulle part dans le périmètre qu’il était en mesure de scanner de son regard borgne.

Bien, ce qu’il devait faire à présent semblait plus que clair. Il partait à sa recherche immédiatement. Se vêtissant de ses habits de corsaire, il n’oubliait nullement de replacer le cache œil sur son orifice creux droit avant de s’armer de ses boîtes et de son anneau, qu’il dissimula respectivement sous son long manteau et son gant noir ébène. Puis il quitta les lieux, sans rien laisser derrière lui. Après tout, il n’avait rien amené ici, toutes ses affaires se trouvaient soit sur lui, soit à l’intérieur de son navire. Pas d’inquiétude à avoir a ce niveau là, alors.

L’aube ne s’était pas encore totalement imposée lorsque le blond s’expatria du bâtiment et leva les yeux vers le ciel. L’air marin porté par la brise du matin le fit agir avec déduction et simplicité. Eve ne pouvait vraisemblablement pas être partie très loin, car d’une part elle ne connaissait que peu d’endroit, et d’autre part, jamais elle ne serait partie a l’aventure comme ça, sans rien dire. Il ne pouvait donc existé qu’un seul lieu où elle pouvait un temps soit peu se trouver. Le bateau d’Ash. Voici pourquoi le « père » de cette enfant n’était pas réellement en proie à une panique grasse, qui lui engluerait les poumons d’un essoufflement mal venu a cause d’une course mal contrôlée. Il se doutait bien de l’endroit ou la petite s’était rendue. Seule, certes. Il lui en touchera un mot ou deux un peu plus tard s’il y pensait encore. Car oui, Eve lui faisait parfois oublier la dureté de ce monde rien qu’en croisant son regard, donc il n’était pas exclu que les légères remontrances qu’il avait prévu a son intention seraient toujours de mise un peu plus tard. Tout dépendrait d’un bon lot de facteurs tous plus différents les uns que les autres. Mais là n’est pas la question principale, revenons au sujet premier.

En revanche donc, s’il ne trouvait nulle trace de sa fille sur son navire, là oui il commencerait à paniquer.

En parlant dudit voilier, voila Ash qui arrive dans l’enceinte du modeste port ou il a jeté l’ancre il y a quelques semaines de cela, dans le but de trouver de nouveaux horizons a observé et dépeindre dans ses notes. Le pirate observa le majestueux croiseur qui lui appartenait désormais. De la proue à la quille sans oublier un rapide coup d’œil en extérieur sur les voiles repliées contre le mat, rien n’échappait à ses observations quotidiennes. La ville entière paraissait encore endormie, alors autant en profiter pour passer en revu les possibles imperfections du bâtiment flottant. Rien n’a signalé. Parfait. Et puis il s’écartait encore de ses pensées premières, ce qui ne lui arrivait jamais, d’ordinaire. Secouant sa tête vivement, il reprit le courant de ses pensées et monta à bords de son bateau, dans le plus grand silence qui soit. Il ne tenait pas à effrayer malencontreusement Eve au cas où elle se trouvait ici. Il aurait été bête qu’elle passe par-dessus bord en étant effrayée par son pas trop rapide, aussi usât-il de toute la douceur dont il était capable en cet instant.

Sauf que. Cette sensibilité toute déployée s’évapora aussitôt qu’il distingua deux formes a l’avant de son navire. La plus petite était celle de sa fille, aussi les angoisses naissantes à son sujet se dissipèrent aussitôt. Mais la plus grande, non seulement il ne la connaissait pas, mais en plus elle était bien trop près de l’enfant. C’est de cette façon que tout commença. Ou presque.

Arquant ses jambes, le pirate fondit vers la plus haute des personnes et lui assena un coup de genou bien senti depuis l’arrière en plein dans la mâchoire droite. Il discerna rapidement un cache œil et un crochet mais ne s’attarda pas plus là-dessus, trop occupé pour le moment. Le coup fut suffisamment puissant pour faire passer l’intrus par-dessus bord. Un « plouf » retentit alors, signe que l’étranger devait à présent faire ami-ami avec les poissons. Hors non, ce n’était pas finit. Ash avait des questions à lui poser. Et il ne comptait pas le laisser s’en tirer a si bon compte. Délestant sa main baguée de son gant sombre et s’armant de sa boite animalière, il lui chuchota, avant de l’activer :
    « Va le chercher et avale le, puis amène le moi, aussi vivant que possible. »
Le serpent, une fois enclenché, se fit une joie de grossir a vue d’œil. Heureusement que nul citoyens n’était en train de flâner de si bonne heure, cela permettait plus de souplesse d’action. Le reptile s’inséra dans l’eau, faisant pencher légèrement le voilier sur la gauche. Puis il remonta au fur et a mesure dessus, ses mâchoires pleines. Parfait. Mais là encore, ce n’était pas le glas du tombé de rideau qui venait de s’exalter dans la tête de l’Estraneo. Bien au contraire. Aussi, il prit par la suite Eve dans ses bras et ouvrit la porte des entrailles du navire, non sans avoir descendu quelques marches dans un premier temps.
    « Tu va bien, ma chérie ? » avait-il prononcé avec toute l’inquiétude que sa voix pouvait laisser transparaitre.
Ces mots ci, il les pensait vraiment. Et Eve recevrait donc le traitement dû a ce surnom des plus affectifs, surtout venant d’Ash. Il déposa la petite dans sa luxueuse « chambre » personnelle qu’elle possédait sur le bateau et s’agenouilla devant elle en posant une main sur l’une de ses épaules après l’avoir déposa délicatement sur le bois du parquet.
    « Je vais revenir, ne t’en fais pas. Reste ici en sécurité, tout ira bien, je te le promets. »
Et il se releva et quitta la pièce aussitôt, prenant soin de fermer utopiquement la porte, sans la verrouiller pour autant, il ne la séquestrait pas non plus ! Et ce n’était surement pas parce qu’il voulait la tenir a l’écart du potentiel danger fraichement attrapé qu’elle ne pouvait plus circuler a son bon plaisir dans l’enceinte du voilier.
Réapparaissant devant l’immense anaconda, Ash lui fit signe de pénétrer dans une pièce aussi grande que vide et ferma la porte derrière lui après être entré.
    « Bien, recrache le mais reste sur tes gardes, compris ? »
L’animal parut comprendre et libéra un… homme - ?- de sa gueule. Gluant et couvert de bave, il n’était pas aisé de savoir ce qu’il en était réellement, a vrai dire. Si le Chase avait su ce qu’il en était… ah ah la bonne blague que voici.
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MessageSujet: Re: Invaders Must Die   Lun 30 Avr - 6:47

Au fond, sans doute avais-je vainement espéré voir le visage contrarié d’Ash, face à une petite fille qui s’était délibérément enfuie de l’hôtel dans lequel nous étions censés passé la nuit tous les deux. Vainement car je l’avais immédiatement entendu aux bruits de pas, qu’il ne s’agissait pas de lui. Bien sûr, je ne peux prétendre reconnaître ses bruits de pas face à un autre, mais cette fois la chose était flagrante. Un petit quelque chose clochait depuis le début, et je compris de quoi il s’agissait alors que je faisais face à l’étrange individu qui se baladait sans gêne aucune sur un bateau qui ne lui appartenait pas.

Je dois admettre qu’en le contemplant, ce n’est pas sa jambe de bois me rappelant les histoires d’anciens pirates que m’avais déjà raconté mon « père » qui avait attiré mon attention en premier lieu -fait démontrant combien l’intrus pouvait être étrange- mais la couleur de ses cheveux tout aussi étrange que la mienne, si elle ne l’était plus. Car on croisait au moins autant de jeunes filles à la chevelure lilas que d’hommes dont les cheveux étaient teints d’un bleu turquoise bien voyant. Ajoutant à cela un crochet digne du grand méchant de Peter Pan à la place d’une de ses mains et son cache-œil qui me rappelait vaguement celui du pirate qui m’avait adoptée…Il ne m’inspirait pas vraiment confiance. Et sans doute aurais-je eut pour réflexe de faire un pas en arrière si cette rambarde s’était trouvée quelques pas plus loin, et ce particulièrement lorsque l’inconnu éclata de rire alors que ses yeux ne m’avaient pas quitté.

A sa première prise de parole, je ne fis que supposer qu’il y avait erreur sur la personne. Pourtant de gros doutes m’ont envahi. Particulièrement à l’élocution d’une illusion, alors que ma « Flamme » était, selon les dires de mon père, celle de la Brume, et plus clairement celle capable de créer des illusions. Pourtant cet homme ne me disait rien, et l’idée que rencontrer des connaissances me permettrait de me souvenir un tant soit peu d’elle était la seule chimère à laquelle je pouvais alors e raccroché. C’est donc sur le dos de la coïncidence que j’ai mis tout cela. Une coïncidence ou une énorme mise en scène d’un taré. Et entre son apparence et ses dires qui le rendaient vraiment plus que suspect, l’envie de partir en courant alors qu’il s’avançait vers moi un large sourire aux lèvres se fit plus qu’alléchante. Pourtant un petit quelque chose en moi ne voulait pas de ça, et en particulier cette partie de moi qui ne sentais plus ce vide depuis…depuis qu’il s’était aventuré sur le bateau, sans doute. Alors je n’ai pas bougé et l’ai laissé tapoté un de ces cornes que je n’avais jamais désirée presque….Affectueusement -?- toujours un peu méfiante et craintive.

Le contemplant de mes grands yeux violets teintés d’innocence j’ai essayé de trouver une signification à tout cela. A ce vide qui s’était dissipé à son apparition, comme aux mots qu’il me destina une seconde fois, tentant tant bien que mal de garder un tant soit peu de calme et de faire reprendre à mon cœur une allure normale, lui qui s’était emballé j’ignorais quand et pourquoi. Le nom de Tito ne m’évoquait rien, rien du tout, et ses questions me semblaient affreusement bêtes. Bien sûr que je savais à qui appartenait ce bateau, je ne m’y serais pas aventurée dans le cas contraire, et j’avais bien le droit d’être dans ce que je considérais comme mon « chez moi », non ? Pourtant malgré tout dès lors que le son de sa voix s’abandonna au silence, je me suis sentie, l’espace d’un instant, un peu plus rassurée. A évoquer ainsi le propriétaire du bateau il devait être un ami d’Ash ! Vois ce que j’eus loisir de penser l’espace de quelques seconde jusqu’à ce que…

Jusqu’à ce que ce dernier fasse passer l’intrus par-dessus bord en lui infligeant un coup de genou dans la mâchoire, acte qui me laissait froidement admirative. Ce n’était pas la première fois que je le voyais se battre ; en revanche c’était la première fois que je le voyais assener un tel coup à quelqu’un. Prise de surprise ce n’est qu’une fois l’individu entré bruyamment en contact avec l’eau que je réalisais vraiment ce qui venait de se passer, cependant. La tentation de regarder par-dessus bord pour voir ce qu’il advenait de la pauvre victime peut-être pas si innocente que ça était présente…mais pas assez pour détourner mes grands yeux surpris de mon paternel adoptif alors qu’il délestait sa main de son gant et sortait une de ses boîtes, lui murmurait quelques instructions et laissait finalement le serpent noir sortir afin qu’il aille lui chercher cet inconnu sur lequel je commençais à véritablement me poser des questions. Et une en particulier : Me connait-il vraiment ?
L’idée était insensée. Une erreur, cela ne pouvait être qu’une erreur, et rien de plus. Il aurait été fou de rencontrer quelqu’un me connaissant au Japon alors qu’en toute logique, je vivais en Italie. Qu’importe combien je voulais que cela soit le cas, qu’importe combien je m’attachais futilement à cette improbable possibilité, c’était impossible. Garde les pieds sur terre, Eve…Un conseil que je m’offrais à moi-même qui sonnait de façon bien étrange alors que mes pieds quittaient littéralement le sol dès lors que mon père me pris dans ses bras pour me conduire à l’intérieur du bateau, son serpent trempé remonté sur le navire sur les talons, l’estomac plein…Pauvre bête.

J’aurais aimé le rassurer dès lors qu’il me questionna afin de savoir si j’allais bien, mais étrangement, peut-être troublée par les évènements ou par ce terme affectif qu’il employait pour me désigner, je n’ai su trouver les mots pour rassurer l’inquiétude que je lisais clairement dans sa voix. Quelque part, je m’en voulais de lui causer tant d’inquiétudes. A croire que j’avais un certain don pour ça…Et cette idée ne fit que s’amplifier alors qu’il me déposait sur le parquet de ma chambre en tentant de me rassurer avec quelques mots. Rester en sécurité…Pourtant cet homme n’avait rien de menaçant. Il semblait juste heureux d’avoir retrouvé quelqu’un…Ce n’était pas vraiment de sa faute s’il y avait eu erreur sur la personne, après tout. Or…Je commençais à m’inquiéter du bien être de cet intrus alors que mon père quittait la pièce en refermant la porte derrière lui. Surtout devant ses mots…Je savais de quoi il était capable, et je ne donnais pas cher de la peau de l’intrus à la chevelure bleutée dans de telles conditions.

Nul doute que mon père aurait voulu que je reste bien sagement dans ma chambre le temps que le problème se tasse…Ou du moins qu’il tasse le problème à sa façon. Seulement –et sans doute à son grand damne- pour une fois je ne comptais pas simplement faire ce qu’il attendait de moi. Silencieusement je suis donc sortie de la pièce qui me servait de chambre à chaque fois que nous prenions la mer pour chercher mon paternel du regard. C’est sur une porte se refermant que mes yeux se sont posés une fois dans le couloir, c’est donc vers cette porte que je me suis dirigée, pour l’entrouvrir silencieusement et contempler ce qui se passait à l’intérieur de la pièce. Je déglutis, et affichais une grimace alors que le serpent recrachais cet inconnu…Et ma première réaction, alors que je contemplais l’homme qu’il venait de recracher fût…La discrétion même.
    « …Tu vas bien ?! » lâchais-je en pénétrant dans la pièce.
Et si, en posant cette question, c’était le pirate en manque de membres qui était l’attention de mes yeux, ce n’était pas à lui que la question était destinée. Et ce n’était pas près de lui que je m’étais précipitée, mais près du serpent de mon père que –étrangement- j’affectionnais. Et c’est d’ailleurs en lui caressant le sommet du crâne alors que je lui murmurais qu’il devait faire attention à ce qu’il mangeait pour son bien être que je me rendis compte qu’il n’avait pas de nom…Ce que je m’empressais de lui faire remarquer un me mettant à la cherche d’un prénom pour lui ! C’est donc avec une moue enfantine que je m’étais mise à réfléchir avant de trouver un nom qui me plaisait bien.
    « Qu’est-ce que tu dirais…D’Elliot ? »
Question à laquelle le reptile répondit par un non catégorique et énergique de la tête. De nouveau je fis la moue. Si je m’étais souvenue la chose aurait semblé être une moquerie pure et simple de la personne ici présente dont je ne me souvenais pas…Mais non, ce n’était pas le cas. Je l’ignorais, mais j’avais été incapable de faire preuve d’un tant soit peu de tact. Et le passage du nom du serpent n’était pas la seule gaffe que j’allais faire, ce jour-là.

Remettant un tant soit peu les pieds sur terre, c’est en reposant mes grands yeux d’enfants sur cet inconnu que le reptile aurait potentiellement pu avaler que je me rappelais mes intentions premières débarquant ici, malgré le fait que mon père ne l’aurait certainement pas voulu. Il y a déjà tant de choses pour lesquelles il pourrait m’en vouloir, rien qu’aujourd’hui, je n’étais pas à une contrariété près, n’est-ce pas ? Et puis d’un autre côté, on dit qu’il faut toujours faire ce qui nous semble juste. Et éviter à cet homme qu’il ne souffre encore plus que s’il n’aurait été conduit dans l’enfer lui-même pour une simple erreur me semblait être juste. Aussi avais-je quitté la compagnie du serpent pour revenir près de mon père, agrippant le bas de sa veste de façon instinctive je plongeais mes yeux dans son unique orbe vert avant de prendre la parole timidement.
    « Dit, tu vas pas lui faire de mal hein ? Il ne me voulait pas de mal tu sais, je crois qu’il s’est juste trompé de personne. » je laissais un court silence, le temps de porter mon regard sur l’inconnu afin de lui adresser un large sourire. « Pas vrai ? »
…Ou comment faire croire à quelqu’un que l’on se fiche totalement de lui. Si j’avais su, j’aurais au moins tenté d’agir avec un peu plus de tact…Mais je ne savais pas qui il était. Ce qu’il représentait. Rien. Je ne savais absolument rien…

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